Février 2410 - Ici la Terre ! Une fiction à co-écrire...

Publié le 17 février 2017, mise à jour le 30 mars 2017
par Michel et Marie-Andrée Gazeau

( Article en cour de rédaction - Pour co-écrire ce récit, envoyez vos textes dans l’espace "commentaire" en fin d’article. Leur publication est modérée par le site pour assurer la cohérence générale du récit)

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Nous sommes en l’année 2410. La terre toute entière a subit le choc de l’énorme et brutale modification climatique provoquée par l’explosion de l’utilisation des énergies fossiles du XIXème à la fin du XXIème siècle.

Comment vivent les successeurs de ceux qui ont survécus à cette catastrophe ? En voici ce le récit.

Il n’y a pas de plan dans ce récit. Seulement des tableaux qui se dévoilent progressivement, comme si une image en appelait une autre.
Vous, les lointains ancêtres de ces hommes de 2410 , vous pouvez compléter ce récit avec les images qui vous viennent à l’esprit... Ce récit inter-actif puise ses racines dans notre temps, dans notre imaginaire. Comme cet imaginaire a su produire les conditions de sa propre destruction, il a conservé aussi les traces secrètes de toutes les voies que nous aurions pu prendre pour l’éviter...

Le système technique

Février 2410, en plein hiver. Nous sommes dans les Hautes Pyrénées, sur le versant sud d’une montagne. Un forêt très dense, principalement de chênes-liège et de chênes-vert couvre de très vastes territoires. Au détour d’un chemin bien entretenu mais étroit, une perspective s’ouvre à travers les arbres et laisse entrevoir, dans le lointain, un haut sommet légèrement enneigé. En suivant le chemin, une clairière s’ouvre sur un petit plateau d’une centaine d’hectares.

Toute la clairière semble couverte d’une prairie. La dense forêt qui l’entoure semble constituer comme un rempart impénétrable. De belles clôtures de branches de châtaignier forment un entrelacs, qui en suivant les courbes de niveau, dessinent un élégant patchwork de petits parcs. Dans certains parcs, quelques chèvres, dans d’autres quelques moutons, dans d’autres des volailles, dans le reste d’autres prés, des champs et des jardins. Mais ce qui étonne le plus c’est la présence de nombreux palmiers dattiers, qui profitent du climat très chaud et ensoleillé. Mais pas de dattes en cette saison où débute à peine la formation des fruits.
Sous ces palmiers, une multitudes d’arbres fruitiers de toutes sorte de variétés, dont beaucoup sont déjà en fleurs. Tous ces arbres sont taillés très bas pour résister aux très forts ouragans qui ravagent le pays en toutes saison.

En bordure de la partie la plus haute de la clairière, au pied d’un massif de rochers, j’aperçois comme un ensemble de tumulus. Certains sont couverts d’un jardin potager, d’autres de végétaux genre sedums dont la couleur semble se confondre avec celle des rochers en arrière-plan. De l’un de ces tumulus sort un léger panache de fumée.
A mesure que je m’approche, mais il faut vraiment être très près, je m’aperçois qu’il s’agit d’habitats semi-enterrés.
Seule la partie haute de la façade sud de chaque habitat est visible. L’entrée de chaque habitat est de six ou sept marches plus basse que le niveau du sol. La façade est une alternance de surfaces occupées par de nombreux petits châssis vitrés et de grands panneaux de bois dont certains sont coulissants.

Le jeune homme qui m’accompagne me donne quelques explications sommaires : en hiver, comme en ce jour ensoleillé, les panneaux de bois découvrent toutes les surfaces vitrées. Mais dès que les apports solaires sont plus faibles que les déperditions, les panneaux sont placés devant les surfaces vitrées. A l’intérieur d’autre volets isolants ou de lourds rideaux complètent l’isolation des maisons.
En été, les températures peuvent dépasser 50°. A cette saison la forte avancée de la toiture végétale des tumulus protège la façade sud des rayons du soleil, et la plupart des panneaux de bois restent devant les parties vitrées.
Ces constructions sont conçues comme de véritables blockhaus, extrêmement résistants aux ouragans, assez frais en été même pendant les canicules, et suffisamment tempérés en hiver par les apports solaires.

Sur l’un des tumulus, placé sur le promontoire le plus élevé,sort un grand mât muni de voiles sophistiquées en toile. C’est une sorte d’éolienne à axe vertical qui peut supporter les ouragans . Je sens une bonne odeur de pain chaud : mon guide m’explique que c’est le moulin pour toute la communauté. En effet, à proximité, sur le tumulus voisin, un panache de fumée sort de la cheminée du four à pain.
La sécurité alimentaire est la priorité absolue des habitants. Les personnes qui travaillent la terre sont très respectés. En plus des ouragans, ces paysans doivent faire face à l’alternance de longues sécheresses et de déluges de pluie, de période d’extrême chaleur comme de vagues de grands froids tardifs.
Une des réponses est dans l’extrême diversité végétale des cultures : céréales, légumineuses, légumes,tubercules, fruits et petits fruits. Si des variétés hâtives sont ravagées par une période de gel tardif, les variétés tardives prendront le relais. Les cataclysmes climatiques ne sont pas des drames, ils sont le lot du quotidien. Bienheureux si on peut récolter chaque année le tiers de ce que l’on a travaillé...
La grande diversité des productions végétales et animales dans un même écosystème est vraiment extraordinaire. C’est aussi une des raisons de la qualité de la santé des habitants. Il y a une forme de corrélation entre l’extrême richesse de l’alimentation et le dynamisme intellectuel des habitants.

Le régime alimentaire est essentiellement végétarien. Il faut sept fois mois de ressources pour produire du végétal que des produits animaux, et ces ressources sont rares et précieuses. En plus, les habitants considèrent avec dégoût le fait de devoir tuer des animaux.
Ceci m’étonne beaucoup : dans une économie de survie   toutes les ressources alimentaires sont bonnes à prendre ! Mon guide m’explique qu’Ici on peut tuer les insectes, les volailles et les poissons, mais on ne tue pas les mammifères, qui élèvent leurs petits au sein de leur mère et sont nos plus proches cousins dans la Création.

Le mode cultural est fondé sur la science de l’humus, qui procède d’une très grande maîtrise de la décomposition des végétaux dans le compost. Le support de culture de chaque type de végétaux est composé avec une grande précision, en fonction de dizaines de paramètres. La vie microbienne est observée en permanence pour ajuster très finement les apports.
La langue des habitants de ce village est très proche du français : le mot "humus" a la même racine latine que le mot "humilité"... Comme leur survie   alimentaire vient de l’humus, ainsi la survie   spirituelle de ces hommes vient de l’humilité. L’orgueil de l’homme a été la racine de la destruction de l’ancienne civilisation, l’humilité a apporté le remède.

Cette maîtrise rappelle celle des maîtres-maraîchers de Paris du XIXème siècle.

Il y aurait beaucoup à dire sur les techniques de la sécurité alimentaire, sur les techniques de construction et tous les autres aspects technologiques qui sont maîtrisés ici.

Mais, comme on vient de le voir pour la sécurité alimentaire, la plupart de ces techniques ne sont pas très éloignées de celles que nous connaissons de nos jours. Elles en sont des formes sophistiquées, élaborées au fil des temps par l’expérimentation.

Par contre il est très intéressant d’analyser le système de gouvernance de cette société.

Le système de gouvernance

Avec le recul, il a été facile de voir quels été ont les facteurs qui ont abouti à la destruction de l’ancienne civilisation.
Les générations qui ont eu à en subir les conséquences dévastatrices ont découvert qu’il tenait d’abord dans la nature même du processus décisionnel.
Le processus "démocratique" occidental s’était généralisé au XX-XXI ème siècles dans une grande majorité de nations. Ce modèle était fondé sur l’élection au suffrage universel. Il donnait l’illusion que la sagesse   des peuples était le meilleur moyen de prendre les grandes décisions pour le gouvernement des nations.
En réalité, il a permis à de puissantes minorités de s’accaparer progressivement d’une part de plus en plus importante de la richesse produite. Un pouvoir financier occulte à faussé le jeu "démocratique" à ses propres fins. Le concept de bien commun   à été remplacé par celui du "marché" dont la "main invisible" était sensée assurée la prospérité et le bonheur de l’humanité.
Mais en fait, c’est le contraire qui s’est produit. Là où le bien commun   aurait exigé l’interdiction de pratiques destructrices et la mise ne place de nombreuses régulations, ces puissantes minorités n’ont vues que des entraves à la "liberté des affaires", liberté des renards dans les poulaillers...
La majorité des hommes politiques sont devenus leurs complices. En toute connaissance de la puissance des lobbies au plus haut niveau des décisions des états, ils n’ont pas eu le courage d’en dénoncer la puissance, ni de les combattre.
Seules des nations sous régime autoritaires non démocratiques, en premier lieu la Chine, on pu tenter de limiter les effets pervers du libéralisme économique et mettre en place des régulations. Mais l’effet d’entrainement général à l’individualisme a fini par en causer la chute, avec retard.
L’ego démesuré de ceux qui possédaient l’empire de l’argent, confortés par tant d’égoïsmes individuels, n’a pas été pu être suffisamment combattu pour éviter la catastrophe climatique.

Dans cette nouvelle civilisation, la première place est donnée à l’éducation et à la culture afin que les jeunes générations puissent acquérir un solide esprit critique et une culture du vivre ensemble.
C’est là que se tient le cœur de cette nouvelle civilisation.

Au XXème siècle des précurseurs avaient déjà exploré cette voie : Krishnamurti, Gandhi, Yvan Illich, Lanza del Vasto, mais cette pensée était restée très marginale.

La primauté de l’ingénierie sociale sur l’ingénierie technique.
Dés le début du XXIème siècle, les signes de l’incapacité du système décisionnel à prendre des mesures radicales de conservation de la survie même de la civilisation sont devenus évidents. Des groupes locaux ont commencés à mettre en oeuvre, à leur échelle, des systèmes de réflexion et d’expérimentation sur de nouvelles formes de vivre ensemble et de gouvernance.
Ce sont ces groupes qui ont permis que la civilisation ne disparaisse pas totalement. Non seulement ils ont pu créer les conditions de résistance à l’effondrement sociétal, même s’ils n’ont pas pu l’empêcher, mais surtout ils ont permis la sauvegarde des biens culturels les plus précieux.
Parmi ces biens, le patrimoine mondial culturel, scientifique et technique. Les connaissance acquises par les hommes ne sont pas éternelles. Par exemple l’effondrement de l’empire romain avait entraîné la perte de précieux documents historiques et philosophiques. Même des connaissances techniques importantes avaient été perdues, comme celle de la fabrication du ciment romain, à base de chaux et d’argile. Il avait fallu attendre 1818 pour que le savant français Vicat redécouvre la formule du ciment dit "Portland" ou "artificiel" qui a permis la fabrication du béton. Les constructeurs des cathédrales ne disposaient que de mortiers de chaux aérienne.
Dans la perspective d’un possible effondrement de la société, les connaissances les plus essentielles furent répertoriées et sauvegardées à la fois sur différents supports.
Cette grande oeuvre prolongeait celle des encyclopédistes sous la direction de Diderot et D’Alembert (de juin 1751 à décembre 1765).
Mais la quantité d’information étant extraordinairement plus grande, la difficulté était de sélectionner les données. La finalité étant de favoriser la survie de l’humanité, ces compilations étaient orientés vers les connaissances essentielles à la survie : sécurité alimentaire, médecine, habitat et technologies de survie.

La perte de la sagesse  , la "sophia" des Grecs anciens, est sans doute la perte la plus grave et l’élément déterminant de l’effondrement civilisationnel. La sagesse  , socle de toutes les autres vertus, n’était plus enseignée. Le mot même n’était plus mentionné dans les Constitutions des nations.
Privé de la formation de la conscience, la tempérance, la prudence, la sincérité, le discernement et la justice ont fini par disparaître de l’éducation des nouvelles générations.

L’expérience des naufragés d’Aucklandpeut être considérée comme le fil rouge d’une telle démarche. Quelles étaient les techniques et les mode d’organisation sociale qui ont permis à un groupe de naufragés de survivre, en 1864, plus d’un an dans l’environnement particulièrement hostile des Iles Aukland.

Faire un choix est toujours difficile et finalement assez arbitraire. Regardons autour de nous ce qui serait vraiment nécessaire d’emporter dans si nous devions faire face à une telle situation ?

Quels livres, quels outils, quelle techniques ? Et si cette situation devait devenir définitive, comment pourrons-nous remplacer le couteau, le briquet, etc...
Les naufragés ont pu récupérer sur l’épave de leur bateau, métaux, outils, toile. Les naufragés des temps modernes ont disposé de montagnes de matériaux récupérés dans les décombres de l’ancienne civilisation.

Ils ont pu progressivement recréer des outils de plus en plus sophistiqués. Mais les techniques n’ont rien à voir avec la débauche de ressources gaspillées auparavant. Tout est précieusement entretenu et parfaitement réparable et recyclable.

En poursuivant ma visite, je constate comment les petits véhicules qui servent dans les champs sont conçus de façon modulaire. Cela ressemble à de gros jouets fabriqués à partir d’un genre de meccano. En démontant un objet on peut reconstruire un autre objet totalement différent. Toutes les pièces répondent à un standard très précis permettant d’innombrables combinaisons.

Même chose pour les bâtiments : les panneaux de vitrage qui servent aux panneaux solaires passifs, comme ceux qui servent aux capteurs solaires thermiques, sont des carrés de dimension standard, d’environ 50cm de cotés. Le verre provient de la récupération prélevée sur les ruines de l’ancienne civilisation.
Une telle rigoureuse standardisation n’entraîne pourtant aucune monotonie, tant les probabilités de combinaison sont nombreuses.
Finalement c’est une impression de grande beauté qui se dégage de cette extrême sobriété.

La beauté
La beauté est sans doute la première "nourriture" dont ces hommes vivent et dont ils ont besoin.
La nature toute entière, avant d’avoir été altérée par la main de l’homme, est un hymne à la beauté. Les montagnes légèrement enneigées au loin, la diversité des paysage, les ruisseaux et les cascades, les paisibles troupeaux, les oiseaux, tout chante la beauté de la création.

Par respect pour elle qui est aussi parce qu’elle est leur Mère, les hommes de ce temps agissent sur elle avec une grande délicatesse. Dans le bouddhisme ancien, beauté et élévation spirituelle vont de pair. Dans l’Antiquité, beauté et rectitude qualifient la valeur morale de l’homme.
La beauté est l’image, le reflet de l’âme. C’est pourquoi, elle est, comme la sagesse, au cœur de cette civilisation. La beauté et la sagesse sont enseignées dès les premiers âges aux enfants, et forment les fondations de tout l’édifice social. Elle sont associées au vrai et au bien.
Éliminez beauté et sagesse de l’enseignement, et la société retournera un jour ou l’autre à la barbarie.

La spiritualité

Mon guide aborde maintenant la question de la spiritualité dans cette civilisation. La religion ancienne à été à la fois ce qui "relie" l’homme au divin, et ce qui est "relu" à partir de textes fondateurs.
La première facette invite à une démarche spirituelle personnelle unique, la seconde se fonde sur un attachement à des textes, des dogmes et des rituels.
Dans ces deux facettes, la religion a produit beaucoup de tensions et de conflits entre les hommes : guerre au nom de religions sur tout ce qui peut s’opposer entre dogmes, dérives sectaires, pouvoir des clercs sur les laïcs...

La chrétienté a été la principale religion qui a profondément marquée la civilisation occidentale. Née en Palestine d’un petit groupe de premiers disciples juifs convertis au Christ, elle s’est très rapidement propagée à tout le monde romain et au delà de ses frontières. Une des explications de la puissance et la rapidité de son expansion est donnée par l’historien Tertullien (155-220 après J-C.), qui relate comment les non-chrétiens voyaient les chrétiens dans l’Église naissante : "Voyez comme ils s’aiment, voyez comme ils sont prêts à
mourir les uns pour les autres ! "
Du livre des Actes des Apôtres :
"La multitude de ceux qui étaient devenus croyants avait un seul cœur et une seule âme ; et personne ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais ils avaient tout en commun.
C’est avec une grande puissance que les Apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus, et une grâce abondante reposait sur eux tous.
Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence, car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons les vendaient, et ils apportaient le montant de la vente pour le déposer aux pieds des Apôtres ; puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.
L’amour est le socle de leur foi en Christ mort et ressuscité, Fils de Dieu venu pour arracher les hommes du pouvoir de la mort. (Ac 4, 32-35)
L’amour, la charité, est la vertu centrale de leur foi. Saint Augustin ira même jusqu’à dire "aime et fais ce que tu veux
".

Malheureusement, les chrétiens, dans leur grande majorité, se sont éloignés de ces préceptes. L’amour n’est pas apanage des chrétiens, le Christ, lui-même "amour révélé", dit que tout homme qui aime l’amour est de Dieu.
Selon l’Évangile de Saint Jean :
« Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres. » (Jn 13, 34-35)

« Que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux. » (Mt 5, 16)

Cette civilisation qui a survécu est une civilisation où l’amour est mis à la première place. Respect du bien commun  , de la terre, de ses ressources, tout est commandé par l’amour.
Mais l’amour n’est pas "naturel" à l’homme. une tension permanente le tire vers l’égoïsme, le chacun pour soi, vers le mal. Autant l’Esprit du bien élève l’homme dans l’amour, autant l’esprit du mal, le malin, l’adversaire, le satan, cherche à le défigurer. Comme est réelle, véritable et opérante la puissance de l’Esprit Saint, réelle, véritable et opérante la puissance de satan.

La mal est la négation même de l’Amour. Quand une civilisation rejette en ricanant l’existence réelle des forces du mal, c’est qu’elle est déjà sous sa domination... On ne peut pas combattre un ennemi que l’on ne désigne pas ou que l’on ignore. Le manque d’amour entraîne la rapacité, la rapacité entraîne l’injustice, l’injustice entraîne la violence, la violence la guerre, et avec la guerre, la destruction et la mort.

Seul, sans les forces de l’Esprit, l’homme ne peut pas se maintenir dans l’Amour. C’est pourquoi l’invocation de l’Esprit imprègne ici tous les temps de la vie quotidienne. Ici pas de décision qui ne soit prise sous la mouvance de l’Esprit, pas de travaux qui ne soient unis à l’Esprit. La beauté de tout ce qui nous entoure ici manifeste la présence réelle de l’Esprit Saint aux cotés de ceux qui en vivent.

L’Esprit Saint est lumière dans nos ténèbres, le consolateur des pauvres et des affligés, l’esprit de vérité. C’est lui qui inspire nos bonnes paroles et nos bonnes actions. C’est lui qui nous révèle le Fils et remplit d’amour nos cœurs. C’est lui qui nous donne la foi. C’est lui le maître de sagesse.

L’Esprit Saint nous révèle que tout vient de Dieu, que l’homme est tiré de la terre et y retournera. Les disciples de l’Amour recherche la gloire de Dieu.
Gloire : de l’ancien "gnōria", du Proto-Indo-Européen *ǵneh₃- ‎(“connaître", reconnaître”) ou peut-être de *ǵnoh₃ris ‎(“connaissance”)
La gloire de Dieu, c’est de le reconnaître.

Ici les hommes ne sont pas de "bisounours". Leur vie est un combat : combat extérieur contre une nature devenue hostile à l’homme par ses excès climatiques et la rareté de ses ressources, combat intérieur contre les forces du mal.

Dans ce combat l’homme tombe souvent, mais l’Esprit Saint le relève. La charité fraternelle s’exerce comme une tendre émulation entre les hommes. Celui qui tombe n’est pas l’objet de l’opprobre, mais du soutien, de l’assistance et du secours mutuel.

Je suis invité à assister à une réunion de décision. L’Ancien dirige le débat. C’est une femme d’une soixantaine d’année. Elle à été désignée par les membres de la communauté pour une durée de trois ans, mais à tout moment l’assemblée peut lui retirer son mandat si elle commet des fautes graves. Ici personne ne peut se présenter à une élection pour obtenir un mandat. Le système décisionnel fonctionne sur la cooptation. L’ancien est chargé de préparer sa succession. Il recueille auprès de tous les membres les noms de ceux qui pourraient le remplacer. Puis au fil de plusieurs votes l’ancien est nommé si possible à l’unanimité, sinon à une très forte majorité. Tout le temps pris à construire cette unanimité n’est pas du temps perdu, mais un temps de dialogue qui oblige à aborder tout ce qui pourrait détruire l’unité.

Dès les commencements de la civilisation humaine, c’est la coopération pour la recherche du bien commun qui a permis d’acquérir le langage.

C’est un devoir pour tous de participer aux séance du conseil communautaire. Avant chaque rencontre les membres ont reçu l’ordre du jour pour pouvoir y réfléchir. Chaque conseil, comme chaque action préparatoire, commence par les chants d’action de grâce, en remerciement pour tout ce qui a été reçu.


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