Le respect de la Création dans les textes de l’Eglise

Publié le 22 juin 2015, mise à jour le 20 août 2015
par Michel et Marie-Andrée Gazeau

Encyclique "Laudato si" - Pape François - 24/05/2015

Dans le journal "La Croix" :
Résumé de l’Encyclique
Le dossier
Une encyclique ?

Qui a dit, deux ans avant le premier choc pétrolier de 1973 ?

"Tandis que l’horizon et l’homme se modifie ainsi à partir des images qu’on choisit pour lui, une autre transformation se fait sentir, conséquence aussi dramatique qu’inattendue de l’activité humaine."

Brusquement l’homme en prend conscience : par une exploitation inconsidérée de la nature il risque de la détruire et d’être à son tour la victime de cette dégradation. Non seulement l’environnement matériel devient une menace permanente : pollutions et déchets, nouvelles maladies, pouvoir destructeur absolu ; mais c’est le cadre humain que l’homme ne maîtrise plus, créant ainsi pour demain un environnement qui pourra lui être intolérable.

Problème social d’envergure qui regarde la famille humaine tout entière. C’est vers des perceptions neuves que le chrétien doit se tourner pour prendre en responsabilité, avec les autres hommes, un destin désormais commun."

Réponse : le pape Saint Paul VI

Lettre apostolique du 14 Mai 1971 sur les questions sociales (article °21) Octogesima Adveniens"
[http://w2.vatican.va/content/paul-vi/fr/apost_letters/documents/hf_p-vi_apl_19710514_octogesima-adveniens.html]

Qui a dit, en 1872, ces phrases prophétiques ?

« On se sent malheureux de voir la rapidité avec laquelle progresse la destruction de ces forêts primitives, dont il ne reste plus que des lambeaux dans toute la Chine, et qui ne seront jamais plus remplacées. Avec les grands arbres disparaissent une multitude d’arbustes et d’autres plantes qui ne peuvent se propager qu’à l’ombre, ainsi que tous les animaux, petits et grands, qui auraient besoin de forêts pour vivre et perpétuer leur espèce...Et, malheureusement, ce que les Chinois font chez eux, d’autres le font ailleurs ! C’est réellement dommage que l’éducation générale du genre humain ne se soit pas développée assez à temps pour sauver d’une destruction sans remède tant d’êtres organisés, que le Créateur avait placés dans notre terre pour vivre à côté de l’homme, non seulement pour orner ce monde, mais pour remplir un rôle utile et relativement nécessaire dans l’économie générale.
Une préoccupation égoïste et aveugle des intérêts matériels nous porte à réduire en une prosaïque ferme ce Cosmos si merveilleux pour celui qui sait le contempler ! Bientôt le cheval et le porc d’un côté, et de l’autre le blé et la pomme de terre, vont remplacer partout ces centaines, ces milliers de créatures animales et végétales que Dieu avait fait sortir du néant pour vivre avec nous ; elles ont droit à la vie, et nous allons les anéantir sans retour, en leur rendant brutalement l’existence impossible. »

Réponse : le Père Armand David, missionnaire lazariste français en Chine, zoologiste et botaniste

Armand_David

Le saviez-vous ?

Depuis le XIXe siècle, tous les Papes ont encouragé la protection animale :
"Le monde animal, comme toute la création, est une manifestation de la puissance de Dieu, de sa sagesse et de sa bonté, et comme tel, mérite le respect de l’homme. Tout désir inconsidéré de tuer des animaux, toute inhumanité, toute cruauté ignoble envers eux doivent être condamnés...L’Église Catholique s’efforce d’exercer son influence sur les individus et l’opinion publique pour assurer l’acceptation de ces principes".
(Pie XII, aux représentants des sociétés protectrices internationales, novembre 1950)

En 1979, seulement un an après son élection, le Pape Saint Jean-Paul II a officiellement proclamé Saint François d’Assise Patron Céleste des écologistes.
"Il m’est agréable de me trouver avec vous, méritants écologistes, et volontiers je vous adresse mon encouragement pour l’œuvre que vous accomplissez pour la sauvegarde du patrimoine de la nature et la protection des animaux...Que le Seigneur vous assiste et vous accorde d’abondantes récompenses dans votre noble et méritoire engagement".
(Jean-Paul II, aux représentants des sociétés protectrices italiennes, novembre 1981)

Le 20 avril 2012 les évêques de France publient leur travail sur l’écologie

Les évêques de France proposent neuf chantiers concrets pour agir :
- retrouver la richesse d’une catéchèse de la Création,
- former nos communautés aux urgences d’une « écologie humaine »,
- prier et célébrer le Dieu créateur,
- encourager la formation de groupes de réflexion,
- dialoguer avec les acteurs de l’environnement,
- offrir des lieux d’écoute et de partage,
- être exemplaire dans les choix concrets,
- s’engager dans la construction chrétienne d’un développement durable,
- proposer une parole d’Église sur l’écologie.
Source : "La Croix" 20/04/12
[http://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/France/Les-eveques-de-France-publient-leur-travail-sur-l-ecologie-_NP_-2012-04-20-797056]

Evangelii Gaudium

Exhortation Apostolique du Pape François - 24 novembre 2013
"Ainsi, il devient manifeste que la dégradation de l’environnement comme la dégradation humaine et éthique sont intimement liées. Beaucoup diront qu’ils n’ont pas conscience de réaliser des actions immorales, parce que la distraction constante nous ôte le courage de nous rendre compte de la réalité d’un monde limité et fini. Voilà pourquoi aujourd’hui « tout ce qui est fragile, comme l’environnement, reste sans défense par rapport aux intérêts du marché divinisé, transformés en règle absolue". (n°56)

"Jésus, l’évangélisateur par excellence et l’Évangile en personne, s’identifie spécialement aux plus petits. (cf. Mt 25, 40). Ceci nous rappelle que nous tous, chrétiens, sommes appelés à avoir soin des plus fragiles de la terre. Mais dans le modèle actuel de “succès” et de “droit privé”, il ne semble pas que cela ait un sens de s’investir afin que ceux qui restent en arrière, les faibles ou les moins pourvus, puissent se faire un chemin dans la vie". (n°209)

"Dieu nous a unis si étroitement au monde qui nous entoure, que la désertification du sol est comme une maladie pour chacun ; et nous pouvons nous lamenter sur l’extinction d’une espèce comme si elle était une mutilation. Ne faisons pas en sorte qu’à notre passage demeurent des signes de destruction et de mort qui frappent notre vie et celle des générations futures." (n°215)

"Il existe aussi une tension bipolaire entre l’idée et la réalité. La réalité est, tout simplement ; l’idée s’élabore. Entre les deux il faut instaurer un dialogue permanent, en évitant que l’idée finisse par être séparée de la réalité. Il est dangereux de vivre dans le règne de la seule parole, de l’image, du sophisme. A partir de là se déduit qu’il faut postuler un troisième principe : la réalité est supérieure à l’idée. Cela suppose d’éviter diverses manières d’occulter la réalité : les purismes angéliques, les totalitarismes du relativisme, les nominalismes déclaratifs, les projets plus formels que réels, les fondamentalismes anti-historiques, les éthiques sans bonté, les intellectualismes sans sagesse". (n°231)

"C’est la conjonction des peuples qui, dans l’ordre universel, conservent leur propre particularité ; c’est la totalité des personnes, dans une société qui cherche un bien commun, qui les incorpore toutes en vérité.
À nous chrétiens, ce principe nous parle aussi de la totalité ou de l’intégrité de l’Évangile que l’Église nous transmet et nous envoie prêcher. La plénitude de sa richesse incorpore les académiciens et les ouvriers, les chefs d’entreprise et les artistes, tous. La “mystique populaire” accueille à sa manière l’Évangile tout entier, et l’incarne sous forme de prière, de fraternité, de justice, de lutte et de fête. La Bonne Nouvelle est la joie d’un Père qui ne veut pas qu’un de ses petits se perde. Ainsi jaillit la joie du Bon Pasteur qui retrouve la brebis perdue et la réintègre à son troupeau. L’Évangile est le levain qui fait fermenter toute la masse, la ville qui brille en haut de la montagne éclairant tous les peuples. L’Évangile possède un critère de totalité qui lui est inhérent : il ne cesse pas d’être Bonne Nouvelle tant qu’il n’est pas annoncé à tous, tant qu’il ne féconde pas et ne guérit pas toutes les dimensions de l’homme, tant qu’il ne réunit pas tous les hommes à la table du Royaume. Le tout est supérieur à la partie
". (n°236-237)

"Avant de proposer quelques motivations et suggestions spirituelles, j’invoque une fois de plus l’Esprit Saint, je le prie de venir renouveler, secouer, pousser l’Église dans une audacieuse sortie au dehors de soi, pour évangéliser tous les peuples". (n°261)

Evangelii Gaudium

Visite au parlement fédéral - Discours du Pape Benoît XVI

Berlin - 22 septembre 2011
"L’importance de l’écologie est désormais indiscutée. Nous devons écouter le langage de la nature et y répondre avec cohérence. Je voudrais cependant aborder avec force un point qui aujourd’hui comme hier est –me semble-t-il- largement négligé : il existe aussi une écologie de l’homme. L’homme aussi possède une nature qu’il doit respecter et qu’il ne peut manipuler à volonté. L’homme n’est pas seulement une liberté qui se crée de soi. L’homme ne se crée pas lui-même. Il est esprit et volonté, mais il est aussi nature, et sa volonté est juste quand il respecte la nature, l’écoute et quand il s’accepte lui-même pour ce qu’il est, et qu’il accepte qu’il ne s’est pas créé de soi. C’est justement ainsi et seulement ainsi que se réalise la véritable liberté humaine."
Cité dans l’Encyclique "Laudato si" - Pape François - n°6

Message pour la célébration de la journée mondiale de la paix

Pape Benoît XVI - 1er janvier 2010 - « Si tu veux construire la paix, protège la création »

"Lorsque la nature et, en premier lieu, l’être humain sont considérés simplement comme le fruit du hasard ou du déterminisme de l’évolution, la conscience de cette responsabilité risque de s’atténuer dans les esprits. Au contraire, considérer la création comme un don de Dieu à l’humanité nous aide à comprendre la vocation et la valeur de l’homme ". (n°2)

"Il est hors de doute que l’un des points principaux que la communauté internationale doit affronter, est celui des ressources énergétiques en trouvant des stratégies communes et durables pour satisfaire les besoins en énergie de cette génération et des générations futures. A cette fin, il est nécessaire que les sociétés technologiquement avancées soient disposées à favoriser des comportements plus sobres, réduisant leurs propres besoins d’énergie et améliorant les conditions de son utilisation. Simultanément, il convient de promouvoir la recherche et l’application d’énergies dont l’impact environnemental est moindre et la « redistribution planétaire des ressources énergétiques … afin que les pays qui n’en ont pas puissent y accéder ».[20] La crise écologique offre donc une opportunité historique pour élaborer une réponse collective destinée à convertir le modèle de développement global selon une orientation plus respectueuse de la création et en faveur du développement humain intégral, s’inspirant des valeurs propres de la charité dans la vérité. Je souhaite donc l’adoption d’un modèle de développement basé sur le caractère central de l’être humain, sur la promotion et le partage du bien commun, sur la responsabilité, sur la conscience d’un changement nécessaire des styles de vie et sur la prudence, vertu qui indique les actes à accomplir aujourd’hui en prévision de ce qui peut arriver demain ". (n°9)

"Il apparaît toujours plus clairement que le thème de la dégradation environnementale met en cause les comportements de chacun de nous, les styles de vie et les modèles de consommation et de production actuellement dominants, souvent indéfendables du point de vue social, environnemental et même économique. Un changement effectif de mentalité qui pousse chacun à adopter de nouveaux styles de vie, selon lesquels « les éléments qui déterminent les choix de consommation, d’épargne et d’investissement soient la recherche du vrai, du beau et du bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance commune »,[26] devient désormais indispensable. On doit toujours plus éduquer à construire la paix à partir de choix de grande envergure au niveau personnel, familial, communautaire et politique. Nous sommes tous responsables de la protection et du soin de la création. Cette responsabilité ne connaît pas de frontières. Selon le principe de subsidiarité, il est important que chacun s’engage à son propre niveau, travaillant afin que soit dépassée la suprématie des intérêts particuliers". (n°11)

Message pour la célébration de la journée mondiale de la paix 2010

Caritas In Veritate

Lettre Encyclique - Pape Benoît XVI- 29 juin 2009
"L’ouverture à la vie est au centre du vrai développement. Quand une société s’oriente vers le refus et la suppression de la vie, elle finit par ne plus trouver les motivations et les énergies nécessaires pour œuvrer au service du vrai bien de l’homme. Si la sensibilité personnelle et sociale à l’accueil d’une nouvelle vie se perd, alors d’autres formes d’accueil utiles à la vie sociale se dessèchent. L’accueil de la vie trempe les énergies morales et nous rend capables de nous aider mutuellement. En cultivant l’ouverture à la vie, les peuples riches peuvent mieux percevoir les besoins de ceux qui sont pauvres, éviter d’employer d’importantes ressources économiques et intellectuelles pour satisfaire les désirs égoïstes de leurs citoyens et promouvoir, en revanche, des actions bénéfiques en vue d’une production moralement saine et solidaire, dans le respect du droit fondamental de tout peuple et de toute personne à la vie". (n°28)

"La dignité de la personne et les exigences de la justice demandent, aujourd’hui surtout, que les choix économiques ne fassent pas augmenter de façon excessive et moralement inacceptable les écarts de richesse [83] et que l’on continue à se donner comme objectif prioritaire l’accès au travail ou son maintien, pour tous ". (n°32)

"Cette responsabilité est globale, parce qu’elle ne concerne pas seulement l’énergie, mais toute la création, que nous ne devons pas transmettre aux nouvelles générations appauvrie de ses ressources. Il est juste que l’homme puisse exercer une maîtrise responsable sur la nature pour la protéger, la mettre en valeur et la cultiver selon des formes nouvelles et avec des technologies avancées, afin que la terre puisse accueillir dignement et nourrir la population qui l’habite. Il y a de la place pour tous sur la terre : la famille humaine tout entière doit y trouver les ressources nécessaires pour vivre correctement grâce à la nature elle-même, don de Dieu à ses enfants, et par l’effort de son travail et de sa créativité. Nous devons cependant avoir conscience du grave devoir que nous avons de laisser la terre aux nouvelles générations dans un état tel qu’elles puissent elles aussi l’habiter décemment et continuer à la cultiver. Cela implique de s’engager à prendre ensemble des décisions, « après avoir examiné de façon responsable la route à suivre, en vue de renforcer l’alliance entre l’être humain et l’environnement, qui doit être le reflet de l’amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons ». Il est souhaitable que la communauté internationale et chaque gouvernement sachent contrecarrer efficacement les modalités d’exploitation de l’environnement qui s’avèrent néfastes. Il est par ailleurs impératif que les autorités compétentes entreprennent tous les efforts nécessaires afin que les coûts économiques et sociaux dérivant de l’usage des ressources naturelles communes soient établis de façon transparente et soient entièrement supportés par ceux qui en jouissent et non par les autres populations ou par les générations futures : la protection de l’environnement, des ressources et du climat demande que tous les responsables internationaux agissent ensemble et démontrent leur résolution à travailler honnêtement, dans le respect de la loi et de la solidarité à l’égard des régions les plus faibles de la planète. L’une des plus importantes tâches de l’économie est précisément l’utilisation la plus efficace des ressources, et non leur abus, sans jamais oublier que la notion d’efficacité n’est pas axiologiquement neutre". (n°50)

"La façon dont l’homme traite l’environnement influence les modalités avec lesquelles il se traite lui-même et réciproquement. C’est pourquoi la société actuelle doit réellement reconsidérer son style de vie qui, en de nombreuses régions du monde, est porté à l’hédonisme et au consumérisme, demeurant indifférente aux dommages qui en découlent. Un véritable changement de mentalité est nécessaire qui nous amène à adopter de nouveaux styles de vie « dans lesquels les éléments qui déterminent les choix de consommation, d’épargne et d’investissement soient la recherche du vrai, du beau et du bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance commune ». Toute atteinte à la solidarité et à l’amitié civique provoque des dommages à l’environnement, de même que la détérioration de l’environnement, à son tour, provoque l’insatisfaction dans les relations sociales.

L’Église a une responsabilité envers la création et doit la faire valoir publiquement aussi. Ce faisant, elle doit préserver non seulement la terre, l’eau et l’air comme dons de la création appartenant à tous, elle doit surtout protéger l’homme de sa propre destruction. Une sorte d’écologie de l’homme, comprise de manière juste, est nécessaire. La dégradation de l’environnement est en effet étroitement liée à la culture qui façonne la communauté humaine : quand l’« écologie humaine » est respectée dans la société, l’écologie proprement dite en tire aussi avantage. De même que les vertus humaines sont connexes, si bien que l’affaiblissement de l’une met en danger les autres, ainsi le système écologique s’appuie sur le respect d’un projet qui concerne aussi bien la saine coexistence dans la société que le bon rapport avec la nature..
La façon dont l’homme traite l’environnement influence les modalités avec lesquelles il se traite lui-même et réciproquement. C’est pourquoi la société actuelle doit réellement reconsidérer son style de vie qui, en de nombreuses régions du monde, est porté à l’hédonisme et au consumérisme, demeurant indifférente aux dommages qui en découlent. Un véritable changement de mentalité est nécessaire qui nous amène à adopter de nouveaux styles de vie « dans lesquels les éléments qui déterminent les choix de consommation, d’épargne et d’investissement soient la recherche du vrai, du beau et du bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance commune ». Toute atteinte à la solidarité et à l’amitié civique provoque des dommages à l’environnement, de même que la détérioration de l’environnement, à son tour, provoque l’insatisfaction dans les relations sociales"
. (n° 51)

Caritas In Veritate

Rencontre avec le Clergé du Diocèse de Bressanone

Pape Benoît XVI - 6 août 2008
"Si nous observons ce qui est né autour des monastères, comment dans ces lieux sont nés et continuent de naître de petits paradis, des oasis de la Création, on constate que toutes ces choses ne sont pas seulement des mots, mais là où la Parole du Créateur a été comprise de manière correcte, où il y a eu une vie avec le Créateur rédempteur, on s’est efforcé de sauver la Création et non de la détruire. C’est également dans ce contexte que s’inscrit le chapitre 8 de la Lettre aux Romains, où on dit que la Création souffre et gémit de la soumission dans laquelle elle se trouve et qu’elle attend la révélation des fils de Dieu : elle se sentira libérée lorsque viendront des créatures, des hommes qui sont des fils de Dieu et qui la traiteront en partant de Dieu. Je crois que c’est précisément la réalité que nous pouvons constater aujourd’hui : la Création gémit - nous le percevons, nous l’entendons presque - et attend des personnes humaines qui la regardent en partant de Dieu. La consommation brutale de la Création commence là où Dieu est absent, où la matière est désormais pour nous uniquement matérielle, où nous-mêmes sommes les dernières instances, où le tout est simplement notre propriété que nous consommons uniquement pour nous-mêmes. Et le gaspillage des ressources de la Création commence là où nous ne reconnaissons plus aucune instance au-dessus de nous, mais ne voyons plus que nous-mêmes ; il commence là où il n’existe plus aucune dimension de la vie au-delà de la mort, où dans cette vie nous devons nous accaparer tout et posséder la vie avec la plus grande intensité possible, où nous devons posséder tout ce qu’il est possible de posséder."

Rencontre avec le Clergé du Diocèse de Bressanone

Discours pour les vœux au corps diplomatique

Pape Benoît XVI - 8 janvier 2007
"Parmi les questions essentielles, comment ne pas penser aux millions de personnes, spécialement aux femmes et aux enfants, qui manquent d’eau, de nourriture, de toit ? Le scandale de la faim, qui tend à s’aggraver, est inacceptable dans un monde qui dispose des biens, des connaissances et des moyens d’y mettre un terme. Il nous pousse à changer nos modes de vie ; il nous rappelle l’urgence d’éliminer les causes structurelles des dysfonctionnements de l’économie mondiale et de corriger les modèles de croissance qui semblent incapables de garantir le respect de l’environnement et un développement humain intégral pour aujourd’hui et surtout pour demain ."

Discours pour les vœux au corps diplomatique

Rome - 12 mai 2007

Le pape Benoît XVI a fait un don de 200.000 dollars à la conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) pour soutenir un projet de défense de l’Amazonie soutenu par les évêques.
Dans son discours aux jeunes, dans la soirée du jeudi, au stade municipal de Pacaembu à Sao Paulo, le pape affirmait : « La destruction de l’environnement en Amazonie et les menaces contre la dignité humaine de ses populations exigent un plus grand engagement dans les domaines d’action les plus divers que sollicite la société  »

Homélie à l’occasion de la Messe du "Corpus Domini" (Fête-Dieu)

Pape Benoît XVI - 15 juin 2006

"En y regardant de plus près, ce petit morceau d’Hostie blanche, ce pain des pauvres, nous apparaît comme une synthèse de la création. Ciel et terre, mais également activité et esprit de l’homme coopèrent. La synergie des forces qui rend possible, sur notre pauvre planète, le mystère de la vie et l’existence de l’homme, nous est présentée dans toute sa merveilleuse grandeur. Ainsi, nous commençons à comprendre pourquoi le Seigneur choisit ce morceau de pain comme son signe. La création, avec tous ses dons, aspire, au-delà d’elle-même, à quelque chose d’encore plus grand. Au-delà de la synthèse de ses propres forces, au-delà de la synthèse de nature et d’esprit que nous sentons également d’une certaine façon dans le morceau de pain, la création est tendue vers la divinisation, vers les saintes noces, vers l’unification avec le Créateur lui-même".
[http://w2.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2006/documents/hf_ben-xvi_hom_20060615_corpus-christi.html]

Le 1er septembre 2006, Benoît XVI, alors élu pape, encourageait la première journée de la sauvegarde de la Création, en Italie : « En dialogue avec les chrétiens des différentes confessions, il faut s’engager à prendre soin de la création, sans en dilapider les ressources et en les partageant de façon solidaire ».

Homélie pour l’inauguration solennelle du ministère pétrinien

Pape Benoît XVI - 24 avril 2005
"La sainte inquiétude du Christ doit animer tout pasteur : il n’est pas indifférent pour lui que tant de personnes vivent dans le désert. Et il y a de nombreuses formes de désert. Il y a le désert de la pauvreté, le désert de la faim et de la soif ; il y a le désert de l’abandon, de la solitude, de l’amour détruit. Il y a le désert de l’obscurité de Dieu, du vide des âmes sans aucune conscience de leur dignité ni du chemin de l’homme. Les déserts extérieurs se multiplient dans notre monde, parce que les déserts intérieurs sont devenus très grands. C’est pourquoi, les trésors de la terre ne sont plus au service de l’édification du jardin de Dieu, dans lequel tous peuvent vivre, mais sont asservis par les puissances de l’exploitation et de la destruction ".

Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église

Conseil Pontifical « Justice et Paix » - Cardinal Renato Raffaele Martino - 29 juin 2004

"Pour rendre la société plus humaine, plus digne de la personne, il faut revaloriser l’amour dans la vie sociale — au niveau politique, économique, culturel —, en en faisant la norme constante et suprême de l’action. Si la justice « est de soi propre à “arbitrer” entre les hommes pour répartir entre eux de manière juste les biens matériels, l’amour au contraire, et seulement lui (et donc aussi cet amour bienveillant que nous appelons “miséricorde”), est capable de rendre l’homme à lui-même ». On ne peut pas régler les rapports humains par la seule mesure de la justice : « Le chrétien le sait : l’amour est la raison qui fait que Dieu entre en relation avec l’homme. Et c’est encore l’amour qu’Il attend comme réponse de l’homme. L’amour est de ce fait la forme la plus haute et la plus noble de relation des êtres humains entre eux aussi. L’amour devra donc animer tous les secteurs de la vie humaine et s’étendre également à l’ordre international. Seule une humanité dans laquelle règne la “civilisation de l’amour” pourra jouir d’une paix authentique et durable ». Dans cette perspective, le Magistère recommande vivement la solidarité, car elle est en mesure de garantir le bien commun, en aidant au développement intégral des personnes : la charité « fait voir dans le prochain un autre soi-même". (n°582)
[http://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/justpeace/documents/rc_pc_justpeace_doc_20060526_compendio-dott-soc_fr.html]

Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église

Conseil Pontifical "Justice et Paix" - Cardinal Sodano - 2 avril 2004

"La nature apparaît comme un instrument aux mains de l’homme, une réalité qu’il doit constamment manipuler, en particulier par le biais de la technologie. À partir du présupposé, qui s’est révélé erroné, qu’il existe une quantité illimitée d’énergie et de ressources à utiliser, que leur régénération est possible dans l’immédiat et que les effets négatifs des manipulations de l’ordre naturel peuvent être facilement absorbés, une conception réductrice s’est répandue, qui lit le monde naturel en termes mécanistes et le développement en termes de consommation ; la primauté attribuée au faire et à l’avoir plutôt qu’à l’être entraîne de graves formes d’aliénation humaine." (n°462)
"La programmation du développement économique doit considérer attentivement « la nécessité de respecter l’intégrité et les rythmes de la nature », car les ressources naturelles sont limitées et certaines ne sont pas renouvelables. Le rythme actuel d’exploitation compromet sérieusement la disponibilité de certaines ressources naturelles pour le présent et le futur.990 La solution du problème écologique exige que l’activité économique respecte davantage l’environnement, en conciliant les exigences du développement économique avec celles de la protection environnementale. Toute activité économique qui se prévaut des ressources naturelles doit aussi se soucier de la sauvegarde de l’environnement et en prévoir les coûts, lesquels sont à considérer « comme élément essentiel du coût (...) de l’activité économique ».991 C’est dans ce contexte que doivent être considérés les rapports entre l’activité humaine et les changements climatiques qui, étant donné leur extrême complexité, doivent être opportunément et constamment suivis aux niveaux scientifique, politique et juridique, national et international. Le climat est un bien qu’il faut protéger et il faut que, dans leurs comportements, les consommateurs et les agents d’activités industrielles développent un plus grand sens de responsabilité.
Une économie respectueuse de l’environnement ne poursuivra pas seulement l’objectif de la maximalisation du profit, car la protection de l’environnement ne peut pas être assurée uniquement en fonction du calcul financier des coûts et des bénéfices. L’environnement fait partie de ces biens que les mécanismes du marché ne sont pas en mesure de défendre ou de promouvoir de façon adéquate.993 Tous les pays, en particulier les pays développés, doivent percevoir combien est urgente l’obligation de reconsidérer les modalités d’utilisation des biens naturels. La recherche d’innovations capables de réduire l’impact sur l’environnement provoqué par la production et la consommation devra être efficacement stimulée
". (n°470)

Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église

"La personne humaine créée à l’image de Dieu"

Commission Théologique Internationale - Communion et service - 2004

(En particulier les articles 76 à 80)
[http://www.vatican.va/roman_curia//congregations/cfaith/cti_documents/rc_con_cfaith_doc_20040723_communion-stewardship_fr.html]

Ecclesia de Eucharistia

Lettre Encyclique -Pape Saint Jean-Paul II - 7 avril 2003

"Car, même lorsqu’elle est célébrée sur un petit autel d’une église de campagne, l’Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde. Elle est un lien entre le ciel et la terre. Elle englobe et elle imprègne toute la création. Le Fils de Dieu s’est fait homme pour restituer toute la création, dans un acte suprême de louange, à Celui qui l’a tirée du néant".
Ecclesia de Eucharistia

Jean Paul II - Audience Générale - 17 janvier 2001

"Ce n’est pas la mission d’un patron absolu et sans appel, mais d’un ministre du Royaume de Dieu, appelé à poursuivre l’œuvre du Créateur, une œuvre de vie et de paix. Sa tâche, définie dans le Livre de la Sagesse, est celle de gouverner "le monde avec sainteté et justice" (Sg 9, 3).
Malheureusement, si le regard parcourt les régions de notre planète, il s’aperçoit immédiatement que l’humanité a déçu l’attente divine. A notre époque, en particulier, l’homme a détruit sans hésitation des plaines et des vallées boisées, il a pollué les eaux, défiguré l’environnement de la planète, rendu l’air irrespirable, bouleversé les systèmes hydro-géologiques et atmosphériques, désertifié des espaces verdoyants, accompli des formes d’industrialisation sauvage, en humiliant - pour utiliser une image de Dante Alighieri (Paradis XXII, 151) - ce "parterre" qui est la terre, notre demeure
."
Jean Paul II - Audience Générale - 17 janvier 2001

Lettre encyclique "Centesimus Annus"

Pape Saint Jean-Paul II - 1er mai 1991
"A côté du problème de la consommation, la question de l’écologie, qui lui est étroitement connexe, inspire autant d’inquiétude. L’homme, saisi par le désir d’avoir et de jouir plus que par celui d’être et de croître, consomme d’une manière excessive et désordonnée les ressources de la terre et sa vie même. A l’origine de la destruction insensée du milieu naturel, il y a une erreur anthropologique, malheureusement répandue à notre époque. L’homme, qui découvre sa capacité de transformer et en un sens de créer le monde par son travail, oublie que cela s’accomplit toujours à partir du premier don originel des choses fait par Dieu. Il croit pouvoir disposer arbitrairement de la terre, en la soumettant sans mesure à sa volonté, comme si elle n’avait pas une forme et une destination antérieures que Dieu lui a données, que l’homme peut développer mais qu’il ne doit pas trahir. Au lieu de remplir son rôle de collaborateur de Dieu dans l’œuvre de la création, l’homme se substitue à Dieu et, ainsi, finit par provoquer la révolte de la nature, plus tyrannisée que gouvernée par lui.
En cela, on remarque avant tout la pauvreté ou la mesquinerie du regard de l’homme, plus animé par le désir de posséder les choses que de les considérer par rapport à la vérité, et qui ne prend pas l’attitude désintéressée, faite de gratuité et de sens esthétique, suscitée par l’émerveillement pour l’être et pour la splendeur qui permet de percevoir dans les choses visibles le message de Dieu invisible qui les a créées. Dans ce domaine, l’humanité d’aujourd’hui doit avoir conscience de ses devoirs et de ses responsabilités envers les générations à venir
". (n°37)

"En dehors de la destruction irrationnelle du milieu naturel, il faut rappeler ici la destruction encore plus grave du milieu humain, à laquelle on est cependant loin d’accorder l’attention voulue. Alors que l’on se préoccupe à juste titre, même si on est bien loin de ce qui serait nécessaire, de sauvegarder les habitats naturels des différentes espèces animales menacées d’extinction, parce qu’on se rend compte que chacune d’elles apporte sa contribution particulière à l’équilibre général de la terre, on s’engage trop peu dans la sauvegarde des conditions morales d’une « écologie humaine » authentique. Non seulement la terre a été donnée par Dieu à l’homme qui doit en faire usage dans le respect de l’intention primitive, bonne, dans laquelle elle a été donnée, mais l’homme, lui aussi, est donné par Dieu à lui-même et il doit donc respecter la structure naturelle et morale dont il a été doté. Dans ce contexte, il faut mentionner les problèmes graves posés par l’urbanisation moderne, la nécessité d’un urbanisme soucieux de la vie des personnes, de même que l’attention qu’il convient de porter à une « écologie sociale » du travail". (n°38)
Lettre encyclique "Centesimus Annus"

Message pour la célébration de la journée mondiale de la paix

Saint Jean-Paul II- 1er janvier 1990
"A l’heure actuelle, on constate une plus vive conscience des menaces qui pèsent sur la paix mondiale, non seulement à cause de la course aux armements, des conflits régionaux et des injustices qui existent toujours dans les peuples et entre les nations, mais encore à cause des atteintes au respect dû à la nature, de l’exploitation désordonnée de ses ressources et de la détérioration progressive dans la qualité de la vie. Cette situation engendre un sentiment de précarité et d’insécurité qui, à son tour, nourrit des formes d’égoïsme collectif, d’accaparement et de prévarication ". (n°1)

"On a cependant constaté que l’application de certaines découvertes dans le cadre industriel et agricole produit, à long terme, des effets négatifs. Cela a mis crûment en relief le fait que pour aucune intervention dans un domaine de l’écosystème on ne peut se dispenser de prendre en considération ses conséquences dans d’autres domaines et, en général, pour le bien-être des générations à venir ". (n°6)

"Les hommes et les femmes qui n’ont pas de convictions religieuses particulières reconnaissent aussi leur devoir de contribuer à l’assainissement de l’environnement, de par le sens qu’ils ont de leurs responsabilités à l’égard du bien commun. A plus forte raison, ceux qui croient en Dieu créateur et qui sont convaincus, par conséquent, de l’existence dans le monde d’un ordre et d’une finalité bien définis doivent se sentir appelés à se préoccuper du problème. Les chrétiens, notamment, savent que leurs devoirs à l’intérieur de la création et leurs devoirs à l’égard de la nature et du Créateur font partie intégrante de leur foi. C’est pourquoi ils sont conscients du vaste domaine de collaboration œcuménique et inter-religieuse qui s’ouvre devant eux." (n°15)

"La théologie, la philosophie et la science s’accordent dans une conception de l’univers en harmonie, c’est-à-dire d’un vrai " cosmos ", pourvu d’une intégrité propre et d’un équilibre interne dynamique. Cet ordre doit être respecté : l’humanité est appelée à l’explorer, à le découvrir avec une grande prudence et à en faire ensuite usage en sauvegardant son intégrité.
D’autre part, la terre est essentiellement un héritage commun dont les fruits doivent profiter à tous. Le Concile Vatican II l’a réaffirmé : " Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples " (Constitution Gaudium et spes, n° 69). Cela entraîne des conséquences directes pour notre problème. Il n’est pas juste qu’un petit nombre de privilégiés continuent à accumuler des biens superflus en dilapidant les ressources disponibles, alors que des multitudes de personnes vivent dans des conditions de misère, au niveau le plus bas de survie  . C’est maintenant l’ampleur dramatique du désordre écologique qui nous enseigne à quel point la cupidité et l’égoïsme, individuels et collectifs, sont contraires à l’ordre de la création, dans lequel est inscrite également l’interdépendance mutuelle
." (n°8)
"On ne peut négliger, enfin, la valeur esthétique de la création. Le contact avec la nature, par lui-même, est profondément régénérateur, de même que la contemplation de sa splendeur donne paix et sérénité. La Bible parle souvent de la bonté et de la beauté de la création, appelée à rendre gloire à Dieu (cf., par exemple, Gn 1, 4 ss. ; Ps 8,2 ; 104, 1 ss. ; Sg 13, 3-5 ; Si 39, 16.33 ; 43, 1.9). La contemplation des œuvres du génie humain est peut-être plus difficile, mais non moins intense. Les villes elles-mêmes ont souvent une beauté spécifique qui doit inciter les hommes à protéger le milieu où ils vivent. Une bonne planification urbaine est un aspect important de la protection de l’environnement, et le respect pour les caractères physiques de la terre est indispensable dans toute implantation écologiquement correcte. En somme, il ne faut pas négliger la relation qui existe entre une formation esthétique appropriée et la préservation de l’environnement. (n°14)
Message pour la célébration de la journée mondiale de la paix

Sollicitudo Rei Socialis

Lettre Encyclique Pape Saint Jean-Paul II - 30 décembre 1987

"La première consiste dans l’utilité de prendre davantage conscience que l’on ne peut impunément faire usage des diverses catégories d’êtres, vivants ou inanimés - animaux, plantes, éléments naturels - comme on le veut, en fonction de ses propres besoins économiques. Il faut au contraire tenir compte de la nature de chaque être et de ses liens mutuels dans un système ordonné, qui est le cosmos.
La deuxième considération se fonde, elle, sur la constatation, qui s’impose de plus en plus peut-on dire, du caractère limité des ressources naturelles, certaines d’entre elles n’étant pas renouvelables, comme on dit. Les utiliser comme si elles étaient inépuisables, avec une domination absolue, met sérieusement en danger leur disponibilité non seulement pour la génération présente mais surtout pour celles de l’avenir.
La troisième considération se rapporte directement aux conséquences qu’a un certain type de développement sur la qualité de la vie dans les zones industrialisées. Nous savons tous que l’industrialisation a toujours plus fréquemment pour effet, direct ou indirect, la contamination de l’environnement, avec de graves conséquences pour la santé de la population.
Encore une fois, il est évident que le développement, la volonté de planification qui le guide, l’usage des ressources et la manière de les utiliser, ne peuvent pas être séparés du respect des exigences morales. L’une de celles-ci impose sans aucun doute des limites à l’usage de la nature visible. La domination accordée par le Créateur à l’homme n’est pas un pouvoir absolu, et l’on ne peut parler de liberté « d’user et d’abuser », ou de disposer des choses comme on l’entend. La limitation imposée par le Créateur lui-même dès le commencement, et exprimée symboliquement par l’interdiction de « manger le fruit de l’arbre » (cf. Gn 2, 16-17), montre avec suffisamment de clarté que, dans le cadre de la nature visible, nous sommes soumis à des lois non seulement biologiques mais aussi morales, que l’on ne peut transgresser impunément."

"Un type de développement qui ne respecterait pas et n’encouragerait pas les droits humains, personnels et sociaux, économiques et politiques, y compris les droits des nations et des peuples, ne serait pas non plus vraiment digne de l’homme.
Aujourd’hui plus que par le passé peut-être, on reconnaît plus clairement la contradiction intrinsèque d’un développement limité au seul aspect économique. Il subordonne facilement la personne humaine et ses besoins les plus profonds aux exigences de la planification économique ou du profit exclusif
".(n°33)
Sollicitudo Rei Socialis

Voyage apostolique en République Dominicaine, au Mexique et aux Bahamas

Rencontre avec les indiens des régions d’Oaxaca, Chiapas et d’autres régions.
Discours du Pape Saint Jean-Paul II - 29 janvier 1979

"Le monde agricole a une grande importance et une grande dignité. C’est lui qui donne à la société les produits qui lui sont nécessaires pour se nourrir. Son travail mérite la considération, l’estime et la reconnaissance de tous, la reconnaissance de la dignité de celui qui le fait.
Cette dignité peut et doit grandir dans la contemplation de Dieu que favorise le contact avec la nature, reflet de l’œuvre de Dieu qui a soin de l’herbe des champs, la fait pousser, la nourrit et féconde la terre, en lui donnant la pluie et le vent, pour qu’elle nourrisse aussi les animaux qui aident l’homme, comme nous le lisons au début de la Genèse.
Le travail des champs comporte des difficultés non négligeables en raison de l’effort qu’il exige, du mépris dont il est parfois l’objet ou des entraves qu’il rencontre et que seule une action à longue échéance peut écarter. Sans lui se poursuivra l’exode des campagnes vers les villes qui crée souvent des problèmes de prolétarisation étendue et angoissante, d’entassement dans des logements indignes d’êtres humains, etc
".
Voyage apostolique en République Dominicaine

Message pour la Journée Mondiale de la Paix

Pape Paul VI - 1er janvier 1977
"Tel est une fois de plus notre message, qui prend à son compte l’idéal de la civilisation, fait écho à l’aspiration des peuples, conforte l’espérance des hommes humbles et faibles, et en promouvant la justice ennoblit la sécurité des forts. C’est le message de l’optimisme, c’est le présage de l’avenir. La paix n’est pas un rêve, ni une utopie, ni une illusion. Ce n’est pas non plus un travail de Sisyphe ; non : elle peut être prolongée et renforcée ; elle peut marquer les plus belles pages de l’histoire, les marquer non seulement des fastes de la puissance et de la gloire, mais plus encore de ceux, bien meilleurs, de la vertu humaine, de la bonté populaire, de la prospérité collective, de la véritable civilisation : la civilisation de l’amour .
[http://w2.vatican.va/content/paul-vi/fr/messages/peace/documents/hf_p-vi_mes_19761208_x-world-day-for-peace.html]

Octogesima adveniens

Lettre apostolique - Pape Saint Paul VI - 14 mai 1971
"L’homme désire aujourd’hui substituer de plus en plus à ces critères quantitatifs l’intensité de la communication, la diffusion des savoirs et des cultures, le service réciproque, la concertation pour une tâche commune. Le vrai progrès n’est-il pas dans le développement de la conscience morale qui conduira l’homme à prendre en charge des solidarités élargies et de s’ouvrir librement aux autres et à Dieu. Pour un chrétien, le progrès rencontre nécessairement le mystère eschatologique de la mort : la mort du Christ et sa résurrection, l’impulsion de l’Esprit du Seigneur, aident l’homme à situer sa liberté créatrice et reconnaissante la vérité de tout progrès, dans la seule espérance qui ne déçoit pas (cf. Rm 5, 5)."
Octogesima adveniens

Discours à l’occasion du 25ème anniversaire de la FAO

Pape Saint Paul VI - 16 novembre 1970
"Mais la mise en œuvre de ces possibilités techniques à un rythme accéléré ne va pas sans retentir dangereusement sur l’équilibre de notre milieu naturel, et la détérioration progressive de ce qu’il est convenu d’appeler l’environnement risque, sous l’effet des retombées de la civilisation industrielle, de conduire à une véritable catastrophe écologique. Déjà nous voyons se vicier l’air que nous respirons, se dégrader l’eau que nous buvons, se polluer les rivières, les lacs, voire les océans, jusqu’à faire craindre une véritable « mort biologique » dans un avenir rapproché, si des mesures énergiques ne sont sans retard courageusement adoptées et sévèrement mises en œuvre. Perspective redoutable qu’il vous appartient d’explorer avec soin, pour éviter l’engloutissement du fruit de millions d’années de sélection naturelle et humaine (Cfr. Cérès, Revue FAO, vol. 3, n. 3, Rome, mai-juin 1970 : Environnement : les raisons de l’alarme).
Bref, tout se tient, et il vous faut être attentifs aux conséquences à grande échelle qu’entraîne toute intervention de l’homme dans l’équilibre de la nature mise dans sa richesse harmonieuse à la disposition de l’homme, selon le dessein d’amour du Créateur (Cfr. par exemple, Ps. 64, 10-14)".
Discours à l’occasion du 25ème anniversaire de la FAO

"Populorum Progressio" Lettre Encyclique

Pape Saint Paul VI - 26 mars 1967 - Sur le développement des Peuples
"Tout programme, fait pour augmenter la production, n’a en définitive de raison d’être qu’au service de la personne. Il est là pour réduire les inégalités, combattre les discriminations, libérer l’homme de ses servitudes, le rendre capable d’être lui-même l’agent responsable de son mieux-être matériel, de son progrès moral et de son épanouissement spirituel. Dire : développement, c’est en effet se soucier autant de progrès social que de croissance économique. Il ne suffit pas d’accroître la richesse commune pour qu’elle se répartisse équitablement. Il ne suffit pas de promouvoir la technique pour que la terre soit plus humaine à habiter. Les erreurs de ceux qui les ont devancés doivent avertir ceux qui sont sur la voie du développement des périls à éviter en ce domaine. La technocratie de demain peut engendrer des maux non moins redoutables que le libéralisme d’hier. Économie et technique n’ont de sens que par l’homme qu’elles doivent servir. Et l’homme n’est vraiment homme que dans la mesure où, maître de ses actions et juge de leur valeur, il est lui-même auteur de son progrès, en conformité avec la nature que lui a donnée son Créateur et dont il assume librement les possibilités et les exigences". (n°34)

Gaudium et Spes

Constitution Pastorale sur L’église dans le monde de ce temps
Pape Saint Paul VI - 7 décembre 1965.

"Parce que les liens humains s’intensifient et s’étendent peu à peu à l’univers entier, le bien commun, c’est-à-dire cet ensemble de conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée, prend aujourd’hui une extension de plus en plus universelle, et par suite recouvre des droits et des devoirs qui concernent tout le genre humain. Tout groupe doit tenir compte des besoins et des légitimes aspirations des autres groupes, et plus encore du bien commun de l’ensemble de la famille humaine.
Mais en même temps grandit la conscience de l’éminente dignité de la personne humaine, supérieure à toutes choses et dont les droits et les devoirs sont universels et inviolables. Il faut donc rendre accessible à l’homme tout ce dont il a besoin pour mener une vie vraiment humaine, par exemple : nourriture, vêtement, habitat, droit de choisir librement son état de vie et de fonder une famille, droit à l’éducation, au travail, à la réputation, au respect, à une information convenable, droit d’agir selon la droite règle de sa conscience, droit à la sauvegarde de la vie privée et à une juste liberté, y compris en matière religieuse
". (n°26)

"Dans la vie économico-sociale aussi, il faut honorer et promouvoir la dignité de la personne humaine, sa vocation intégrale et le bien de toute la société. C’est l’homme en effet qui est l’auteur, le centre et le but de toute la vie économico-sociale ". (n°63-1)
Gaudium et Spes

Pacem in Terris

Lettre encyclique - Pape Saint Jean XXIII -11 avril 1963
"Sur la paix entre toutes les nations, fondée sur la vérité, la justice, la charité, la liberté."
Pacem in Terris


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