Résistances au changement

Publié le 1er février 2016, mise à jour le 13 février 2016
par Michel et Marie-Andrée Gazeau

Article en cours de rédaction

Au cours de nombreuses rencontres, une interrogation revient systématiquement parmi ceux qui se mobilisent pour le climat : pourquoi somme-nous si peu nombreux à nous mobiliser et à changer ?
Pourtant ce ne sont pas les signes de la dégradation du climat qui manquent. Les appels urgents ne manquent pas non plus : témoignages des exilés climatiques à la CP21, appel du Pape François dans "Laudote si", appel de Nicolas Hulot et des associations environnementales, très nombreux documentaires et émissions TV...

Nous proposons d’aborder quelques pistes qui peuvent nous éclairer sur cette question.

1- Le manque de résilience

La résilience est assimilé soit à l’idée de retour à l’équilibre après une perturbation, soit à celle d’adaptation en temps réel dans un but d’évoluer.
D’après C. S. Holling, ne pas « être résilient » est le fait de ne pas disposer des opportunités nécessaires pour enclencher rapidement un processus de « ré-organisation » et de retour à un état fonctionnel. Dans le cas où la société civile n’a pas été avertie, ou n’a pas pris conscience de ce qu’implique une telle oscillation, la réorganisation peut aller jusqu’à entraîner une reconversion totale du système.
Cette façon de voir s’appuie sur une intelligence distribuée, apte à se réorganiser rapidement sur de petites échelles, mais en masse.
https://www.urbanews.fr/2015/11/27/...

2- Le manque de capacité de performance et innovation

Chacun, à un moment donné de sa vie, a fait l’expérience, dans le sport, les arts ou le milieu professionnel, d’une super-équipe, «  un groupe de solidarité indéfectible, fonctionnant à merveille, où les forces individuelles se complètent, où les faiblesses se compensent, où les aspirations communes sont plus fortes que les intérêts particuliers, et dont les performances sont extraordinaires ». Et passe une grande partie de sa vie à tenter de la retrouver.
Peter Senge, professeur au MIT, met un mot sur cette expérience : il s’agit d’une « organisation apprenante », qui se distingue des organisations traditionnelles fondées sur l’autorité et le contrôle, par cinq disciplines de base :
- la maîtrise personnelle (prendre conscience de ses forces, de ses faiblesses)
- les modèles mentaux (représentation permettant de simuler mentalement le déroulement d’un phénomène pour anticiper les résultats d’une action)
- la vision partagée
- l’apprenance en équipe
- la pensée systémique.
Les dysfonctionnements du management traditionnel conduisent de nombreuses organisations à agir perpétuellement en mode pompier et à consacrer peu de temps à l’énergie et à l’innovation.
C’est aux enseignants, aux fonctionnaires, aux élus, aux étudiants et aux parents que s’adresse l’auteur. Car si les organisations fonctionnent toujours avec un modèle de management voué à l’échec, c’est que nous travaillons, pensons et agissons ainsi. « Les changements qui nous seront demandés à l’avenir ne devront pas intervenir seulement dans nos organisations, mais en nous-mêmes ».
Sources :
http://www.lemonde.fr/emploi/articl...
maîtrise personnelle
vision partagée
apprenance
pensée systémique

3- L’absence d’un nouveau contrat social

Professeure de philosophie à l’université de Franche‐Comté, Corine Pelluchon est l’auteure de plusieurs livres dont le dernier « Les Nourritures. Philosophie du corps politique » (éditions du Seuil) illustre son ambition qui est de proposer une philosophie du sujet comportant un volet anthropologique, qui suppose de penser autrement l’homme et son rapport à lui et aux autres vivants, et un volet politique, qui donne lieu à un nouveau contrat social et à une réflexion sur les conditions d’une reconstruction de la démocratie.
Pour elle, l’un des problèmes majeurs à résoudre dans les prochaines trente années concerne la crise écologique, qui est également une crise de la subjectivité. La réponse ne pourra donc pas être seulement technique, mais elle devra être aussi éthique et politique.
http://www.latribune.fr/opinions/tr...

4- Le manque d’observation du contenu de son propre esprit - la pensée de Krishnamurti

Le message de Krishnamurti n’était pas destiné à fournir un soutien psychologique ou des solutions clé en main mais voulait inciter les auditeurs à trouver leurs réponses eux-mêmes : « Si tu veux changer le monde, change-toi ».
« La Vérité est un pays sans chemin ». L’acquisition de cette « vérité » (qu’il appelait aussi « l’art de voir ») ne peut, selon lui, se faire au travers d’aucune organisation, aucun credo, aucun dogme, prêtre ou rituel, ni aucune philosophie ou technique psychologique. Elle serait mieux connue par le miroir des relations et l’observation du contenu de son propre esprit.
Les images, les symboles, les idées, les croyances seraient tous des obstacles et la cause des difficultés humaines. La perception de la vie serait conditionnée par les concepts enracinés dans l’esprit. L’individu ne serait ainsi que le produit superficiel d’une culture.
À partir de ce constat, une liberté peut être entrevue dans l’observation attentive de son propre manque de liberté. La connaissance du mouvement de ses propres pensées révèle l’esclavage au passé, la division entre le penseur et sa propre pensée, l’observateur et l’objet d’observation, l’expérimentateur et son expérience. Quand cette division se résorbe, l’observation « pure », libérée du temps et des conditionnements provoquerait une mutation radicale de l’esprit.
Krishnamurti est à l’origine de plusieurs écoles. Leur vocation était de susciter l’apparition d’une nouvelle génération d’êtres humains, libre d’égocentrisme et de permettre à la fois à l’enseignant et à l’enseigné d’explorer non seulement le monde du savoir mais aussi leur propre pensée et leur propre comportement.
Des personnalités comme Pierre Rabhi ont mentionné avoir été influencées par Krishnamurti.
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Jid...


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