Ecologie et vertus - les 7 dons de l’Esprit Saint

Publié le 19 mai 2016, mise à jour le 7 juillet 2016
par Michel et Marie-Andrée Gazeau

Pour nous chrétiens, le respect de la Création est avant tout une démarche spirituelle. Voici deux pistes pour nous aider à avancer :
- développer nos vertus
- invoquer et cultiver les 7 dons de l’Esprit Saint
(Note : CEC = citations du Catéchisme de l’Église Catholique)

Les quatre vertus cardinales

("cardinale" : du latin cardo : charnière, pivot)

- la prudence s’applique à la découverte du vrai et inspire le désir d’une science plus complète
- la justice accorde son dû à chacun, ne réclame pas le bien d’autrui, néglige son utilité propre, afin de sauvegarder l’équité entre tous
- la force se distingue dans les activités de la guerre et dans la paix, par la grandeur et l’élévation de l’âme, et qui se signale par la vigueur physique
- la tempérance observe la mesure et l’ordre en tout ce que nous estimons devoir faire ou dire.
(Saint Ambroise de Milan, Les devoirs, Livre 1)

- la prudence c’est l’amour faisant un choix judicieux de ce qui peut lui être utile à l’exclusion de tout ce qui peut lui être nuisible
- la justice c’est l’amour soumis au seul objet aimé, et par suite régnant sur tout le reste avec droiture
- la force c’est l’amour supportant tous les maux à cause de l’objet aimé
- la tempérance c’est l’amour se donnant tout entier à l’objet aimé
(Saint Augustin, "Des mœurs de l’église catholique", livre 1, ch.15)

Appliquées au champ du respect de la Création :
- la prudence est le fondement même du principe de précaution.
Est-ce ce que je projette de faire est vraiment utile ? Quelles sont les conséquences négatives ?

- la justice est à la fondement de l’équité, du respect de la dignité humaine et du bien commun.
En quoi ce que je projette de faire apportera-t-il un bien aux plus pauvres, ou, au contraire, risque de les priver ?

- la force est le fondement du courage qui permet, dans les difficultés, la fermeté et la constance dans la poursuite du bien, affermissant la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles.
Quelles énergies vais-je mettre dans ce combat ?

- la tempérance est le fondement de la joyeuse sobriété.
Quelles limites vais-je donner à mes désirs ?

Les trois vertus théologales

La foi, l’espérance et la charité, trois vertus qui doivent guider les hommes dans leur rapport au monde et à Dieu.
"Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité." (Saint Paul, ère lettre aux Corinthiens 13, 13)
Elles sont le gage de la présence et de l’action du Saint Esprit dans les facultés de l’être humain.
Selon le Catéchisme de l’Église Catholique :
- La charité
"La charité est la vertu théologale par laquelle nous aimons Dieu par-dessus toute chose pour Lui-même, et notre prochain comme nous-mêmes pour l’amour de Dieu." (CEC 1822)
"L’exercice de toutes les vertus est animé et inspiré par la charité. Celle-ci est le " lien de la perfection " (Col 3, 14) ; elle est la forme des vertus ; elle les articule et les ordonne entre elles ; elle est source et terme de leur pratique chrétienne. La charité assure et purifie notre puissance humaine d’aimer. Elle l’élève à la perfection surnaturelle de l’amour divin." (CEC 1827)
En quoi ce que je vais faire manifeste mon amour pour Dieu, sa Création et les autres hommes ?

- La foi
"La foi est la vertu théologale par laquelle nous croyons en Dieu et à tout ce qu’Il nous a dit et révélé, et que la Sainte Église nous propose à croire, parce qu’Il est la vérité même. Par la foi " l’homme s’en remet tout entier librement à Dieu " (DV 5). C’est pourquoi le croyant cherche à connaître et à faire la volonté de Dieu. " Le juste vivra de la foi " (Rm 1, 17). La foi vivante " agit par la charité " (Ga 5, 6)". (CEC 1814
" Sans les œuvres, la foi est morte " (Jc 2, 26) : privée de l’espérance et de l’amour, la foi n’unit pas pleinement le fidèle au Christ et n’en fait pas un membre vivant de son Corps" (CEC 1815)

Que puis-je faire pour m’accorder à la volonté de Dieu pour sa Création ?

- L’espérance
L’espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la Vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit." (CEC 1817)
"L’espérance chrétienne se déploie dès le début de la prédication de Jésus dans l’annonce des béatitudes. Les béatitudes élèvent notre espérance vers le Ciel comme vers la nouvelle Terre promise ; elles en tracent le chemin à travers les épreuves qui attendent les disciples de Jésus. Mais par les mérites de Jésus Christ et de sa passion, Dieu nous garde dans " l’espérance qui ne déçoit pas " (Rm 5, 5). L’espérance est " l’ancre de l’âme ", sûre et ferme, " qui pénètre ... là où est entré pour nous, en précurseur, Jésus " (He 6, 19-20). Elle est aussi une arme qui nous protège dans le combat du salut : " Revêtons la cuirasse de la foi et de la charité, avec le casque de l’espérance du salut " (1 Th 5, 8). Elle nous procure la joie dans l’épreuve même : " avec la joie de l’espérance, constants dans la tribulation " (Rm 12, 12). Elle s’exprime et se nourrit dans la prière, tout particulièrement dans celle du Pater, résumé de tout ce que l’espérance nous fait désirer." (CEC 1820)

Face au découragement devant le peu de réactions face à la menace du changement climatique, est-ce que l’Espérance me maintient dans le combat et dans la joie ?

Les sept dons du Saint-Esprit

"Les sept dons du Saint-Esprit sont la sagesse, l’intelligence, le conseil, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu. Ils appartiennent en leur plénitude au Christ, Fils de David (cf. Is 11, 1-2). Ils complètent et mènent à leur perfection les vertus de ceux qui les reçoivent. Ils rendent les fidèles dociles à obéir avec promptitude aux inspirations divines.
"Que ton Esprit bon me conduise sur une terre unie" (Ps 143, 10).
"Tout ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu... Enfants et donc héritiers ; héritiers de Dieu et cohéritiers du Chris"t (Rm 8, 14. 17)." (CEC 1831)

Aux deux extrémités du chandelier, pour me faire entrer dans le mystère de Dieu :

La crainte de Dieu :
- me donne le sens de la grandeur et la splendeur de Dieu (mais pas la peur),
- m’éclaire sur la distance infinie entre Dieu et moi, sa créature,
- m’aide à avoir une attitude d’humilité, à me sentir petit dans la main de Dieu.
Face à la grandeur de l’Univers, est-ce que je me sens tout petit dans la main de Dieu ?

La piété :
- me donne le sens de la proximité, de la tendresse et de l’amour de Dieu,
- fait grandir ma confiance en Dieu
- me donne le respect des croyances et des devoirs de la religion,
- m’aide à être fraternel avec les autres.
A travers les merveilles de la Création, l’eau, l’air, la nourriture, le soleil, les saisons.., est-ce que je perçois la tendresse de Dieu, et est-ce que cela éveille en moi la confiance en Dieu ?

Ensuite, pour me donner la lumière et la force sur le chemin :

Le conseil :
- distingue ce qui vient de l’Esprit de Dieu, de ce qui vient du malin, de l’esprit du monde,
- m’éclaire sur ce qu’il convient de dire ou de faire, de ne pas dire ou de ne pas faire,
- m’aide à voir clair en moi et dans les autres.
Face aux décisions que je dois prendre pour mieux respecter la Création,est-ce que je demande à l’Esprit Saint de me conseiller ?

La force :
- m’aide à persévérer dans les épreuves de la vie,
- aide ceux qui sont persécutés à cause de leur foi en Christ,
- m’aide à accomplir, avec modestie et persévérance, tout ce que je dois faire.
Dans ma responsabilité et mon action contre les causes de la dégradation actuelle de la Création, est-ce que je demande la force de l’Esprit Saint pour m’aider à changer des choses dans ma vie ?

Ensuite, pour rentrer dans la compréhension intime du mystère de Dieu :

La science :
- m’aide à reconnaître Dieu à l’œuvre dans la Nature et dans l’Histoire,
- me donne de voir le monde comme un don de Dieu,
- me donne le sens de la fragilité de l’Univers.
Pour comprendre les mécanismes et des causes de la dégradation de la Création, est-ce que j’invoque l’Esprit de Science pour pouvoir agir ?

L’intelligence :
- me donne de percevoir le mystère de Dieu,
- m’aide à comprendre de l’intérieur la Foi et les Écritures,
- m’éclaire pour distinguer l’erreur de la vérité.
Pour distinguer la vérité de l’erreur dans la masses des informations et des activités du monde, est-ce que je demande l’esprit d’intelligence de se qui m’échappe dans le mystère du plan de Dieu ?

Enfin, au centre, le plus grand des dons de l’Esprit Saint :

La sagesse :
- me donne de percevoir la présence de Dieu dans une plus grande proximité avec Lui,
- me donne un plus grand dynamisme pour parler de Dieu aux autres,
- me donne la capacité de la contemplation et de l’adoration de Dieu
- me donne un grand respect de sa Création et de ses Créatures, et en particulier de la plus précieuse, l’Homme.
Dans la conscience de la tragédie du monde présent, est-ce que je demande de grandir dans la sagesse en Esprit ?

Les 12 fruits de l’Esprit Saint

A quels signes je peux voir que l’Esprit Saint intervient dans ma vie ?
- je suis dans la joie, quelque soit l’épreuve, parce que j’ai confiance et j’ai l’espérance
- je choisi l’amour et la bonté
- je suis patient
- j’ai de la bonté et de la bienveillance
- je suis fidèle dans mes engagements
- j’ai de la douceur et de la maîtrise de moi
- je pratique la sobriété, qui devient "joyeuse sobriété"

Lettre de Saint Paul aux Galates (Ga 5, 22-23)
"Mais voici le fruit de l’Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi. En ces domaines, la Loi n’intervient pas.
Ceux qui sont au Christ Jésus ont crucifié en eux la chair, avec ses passions et ses convoitises.
Puisque l’Esprit nous fait vivre, marchons sous la conduite de l’Esprit. Ne cherchons pas la vaine gloire ; entre nous, pas de provocation, pas d’envie les uns à l’égard des autres
."

Selon la tradition de l’Église, les fruits de l’Esprit sont des perfections que forme en nous le Saint-Esprit comme des prémices de la gloire éternelle : "charité, joie, paix, patience, longanimité, bonté, bénignité, mansuétude, fidélité, modestie, continence, chasteté " (Ga 5, 22-23 vulg.). (CEC 1832)


calle
calle
calle