Le cycle de l’azote

Publié le 21 juillet 2018
par Michel et Marie-Andrée Gazeau

Le traitement des toilettes sèches ne peut se faire correctement sans une connaissance approfondie du cycle de l’azote.
Les apports d’azote qui ne sont pas assimilés par les plantes se retrouvent dans le cycle de l’eau. Seuil de la norme pour l’eau potable : 50 mg/l de nitrate dans
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Pollution aux nitrates
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Sources :
[http://tpe-engrais.e-monsite.com/pages/travaux-realises/pollution-des-nitrates.html]
DEFRA (Departement for Environnement ood and Rural Affairs), visant à protéger de l’agriculture l’eau, le sol et l’air [http://www.defra.gov.uk/farm/environment/cogap/pdf/cogap090202.pdf]

- Les engrais ne peuvent être appliqués à moins de 10 mètres des eaux de surface, des fossés ; et pas à moins de 50 m d’une source, d’un puis ou d’un forage.
- Calculer la superficie minimale des terrains nécessaires à l’épandage de fumier de bétail en tenant compte du champ maximum de taux d’application de 250 kg d’azote total par hectare et par an, 170 kg par hectare pour les agriculteurs biologiques. Il peut utiliser à cette fin des analyses de son fumier (des kits de poche de mesures de nitrates sont facilement trouvables).
- Stockage du lisier ou du fumier : les citernes ne doivent en aucun cas posséder de fuite et être totalement imperméables. Le stockage à l’air libre est totalement inenvisageable : la pluie sur un tas de fumier entraînerait un lessivage bien trop important.
- Observer le sol pendant et après une pluie et identifier les zones de mauvais drainage où le ruissellement et l’érosion pourraient se produire.
- Le lisier dit être incorporé dans la terre au plus tard dans les 6 heures qui suivent son épandage afin d’éviter trop d’émissions de gaz nocifs et le ruissellement. Les engrais ne doivent pas être appliqués si le sol est détrempé, inondé, gelé, couvert de neige... On peut éviter beaucoup de pertes en appliquant l’engrais peu avant une pluie attendue.
- Ne faut pas appliquer d’engrais organique dans les 6 mois précédents les cultures. L’injection de paille dans le sol permet d’augmenter la teneur en matières organiques du sol. Dans certains cas toutefois la friche est possible pour laisser la faune se développer.
- Les engrais facilement disponibles ne doivent en effet être appliqués qu’en fin d’hiver ou début de printemps quand les cultures les utilisent de façon efficace, mais surtout pas en début d’hiver ou à l’automne. Ceci est particulièrement valable pour les endroits sablonneux où le risque de lessivage des nitrates est grand.
- L’endroit d’épandage de l’engrais doit être délimité aussi précisément que possible.
- Mettre en place des « pièges à nitrates » : des cultures sur des champs normalement en jachère afin de pomper les nitrates excédentaires en plantant par exemple du colza.

Apports d’azote :
- Pluies d’orage 10kg/ha/an d’azote assimilable (sous forme nitrique)

Il est assimilable par nos plantes seulement par voie minérale, sous forme de nitrates, après avoir subi des transformations et phénomènes ammonification, nitrification) permettant sa minéralisation.
Ces transformations sont produites grâce aux bactéries du sol majoritairement aérobies, c’est-à-dire qu’elles ont besoin d’air et plus spécifiquement du dioxygène O2 présent dans l’air pour vivre. Leur milieu de vie doit donc être aéré.
- par certains plantes qui captent directement l’azote atmosphérique : famille des fabacéaées qui comprends des plantes herbacées (luzernes, pois, haricots) mais aussi des plantes ligneuses (qui fond du bois) : genets, acacia, févier d’Amérique. Les racines des fabacéaées hébergent des bactéries spéciales, dans des petites loges ou boules que l’on appelle des nodosités. Ces bactéries ont la capacité de fixer l’azote de l’air présent dans le sol, et de le transformer en azote assimilable par les plantes. En échange de ce bon azote assimilable fourni par ces bactéries, la plante leur donne des sucres et des nutriments vitaux pour elles ( association symbiotique).

L’azote minéral non utilisé par les plantes sera stocké dans le sol si et seulement si, celui-ci bénéficie d’une bonne structure, d’une bonne couverture, de la présence d’humus, et de la présence de plantes en permanence sur celui-ci.

- De l’air = grâce à la faune du sol et/ou à un travail superficiel à la grelinette par exemple
- Des apports de matières organiques variées
- Un maximum de micro-organismes pour assurer le travail de déconstruction des matières organiques
- De l’eau, élément vital de tout être vivant, du plus grand au plus petit…
- La présence de plantes légumineuses dans l’espace proche (sous plusieurs formes), ou dans le temps (rotation)
- Une couverture permanente du sol par des mulchs ou encore mieux des végétaux vivants
- Une présence de l’arbre pour récupérer une partie des nutriments lessivés dans les sous-sols.
Source : [https://www.permaculturedesign.fr/cycle-azote-nutriment-fertilite-permaculture/]

Lorsque l’azote est apporté sous forme organique, il n’est pas disponible immédiatement sous forme de nitrates pour la plante. En effet, des bactéries se chargent de décomposer le corps azoté sous forme organique en ammoniaque, de formule chimique NH4+. Ce processus est nommé ammonification : l’azote est alors sous forme minérale. Ensuite, d’autres bactéries réalisent la nitrification, qui transforme l’ammoniaque en nitrites (NO2-), puis finalement en nitrates, de formule chimique NO3-. Ce n’est qu’à ce moment là que l’azote est disponible pour la plante. Or, le processus de minéralisation puis de nitrification n’est pas instantané, et surtout, il n’a pas une durée déterminée car celle-ci dépend de l’état du sol.
Il faut s’assurer que l’apport d’azote notamment lorsque l’azote devient disponible sous forme de nitrates, se fasse à une période où les plantes n’en ont pas besoin (par exemple en période d’inter-culture).


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