Il faut changer nos vies

Publié le 21 novembre 2015
par Michel et Marie-Andrée Gazeau

Un combat spirituel - Qui devons-nous combattre ?

Lors de l’attentat du Bataclan le 13 novembre 2015, satan signe son œuvre ( ça ne s’invente pas...) :
- "Quand ça a commencé ? Elle ne sait plus vraiment, mais c’était « au moment où je commençais à m’emmerder. » Le groupe de rock américain Eagles of the Death Metal venait de chanter « the devil who song that song (le diable qui chante cette chanson) ou quelque chose comme ça ». Puis « ils » sont arrivés.
Le Monde 15/11/2015

- 21h30, un homme pénètre dans la salle. Les Eagles of Death Metal jouent depuis plus d’une demi-heure quand ils lancent les premiers riffs de Kiss of the Devil (le baiser de satan), ritournelle très rock qui se demande «  Who’ll love the devil  ? Who’ll sing his song  ?  » («  Qui va aimer le diable  ? Qui va chanter sa chanson  ?   »)
Le Monde 16/11/2015

Une jeunesse désenchantée

Eagles of the Death Metal, qui sont-t-ils ?
- Ce mercredi 18 novembre, les Eagles of Death Metal se sont exprimés officiellement :
"Alors que nous sommes saufs, chez nous, nous sommes horrifiés et tentons encore de comprendre ce qui s’est passé en France. Avant tout, nos pensées et nos cœurs vont à notre frère Nick Alexande (leur ami américain tué dans l’attentat)..., à tous les amis et fans dont les vies ont été fauchées à Paris, ainsi qu’à leurs proches.
Bien qu’unis dans la douleur avec les victimes, les fans, les familles, les Parisiens et tous ceux touchés par le terrorisme, nous sommes fiers d’être debout ensemble, avec notre nouvelle famille, désormais unie dans le but commun que sont l’amour et la compassion.
Nous souhaitons remercier la police française, le FBI, les ministères de l’Intérieur français et américain, et spécialement tous ceux qui étaient avec nous ce soir-là et qui ont fait de leur mieux après cet acte inimaginable. Ce qui prouve encore une fois que l’amour éclipse le mal... "Vive la musique, vive la liberté, vive la France, et vive EODM
".

Non, ils ne jouent pas du death metal. Ni du metal d’ailleurs. Mais du rock, entre garage et blues. Le thème de prédilection de leur musique est l’amour (le faire, surtout), avec beaucoup d’ironie. Par exemple, la chanson Wannabe in LA, sortie en 2009 : "Je suis venu à L.A. [Los Angeles] pour être rock ’n’ roll / il m’a fallu vendre mon âme en chemin / je me suis fait de bons amis, qui me font dire / je veux vraiment être à L.A." Jesse Hughes expliquait alors à "20 Minutes" que "Hollywood est ironique. On n’y vit pas, on y travaille. Chacun y va pour la gloire. Et comme chacun y cherche son intérêt personnel, ce n’est pas là qu’on lie des amitiés sincères."
L’Express 18/11/2015
Quelle terre allons laisser à nos enfants ? Avec Pierre Rabhi posons-nous la question : quelle jeunesse allons-nous laisser à cette terre ?

Violence extrême, modification du climat, pillage de la terre, trafic d’armes et de drogue, effondrement du Rana Plaza : une seule cause, l’effondrement mondialisé des valeurs éthiques et spirituelles.

Le mot d’ordre est à l’état de guerre. Mais si nous devons être en guerre, c’est d’abord contre nous-mêmes. L’adversaire - satan - est en chacun de nous.
La réponse massive devrait être : partager, partager, partager.

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Même si nous le faisions pas pour des raisons éthiques, des sommes colossales d’argent ont déjà été dépensées dans la guerres du XXIéme siècle, et pour quel résultat ?
Les USA ont dépensés 10 000 milliards de $ pour les guerres en Afghanistan et en Irak (1). Combien d’emplois créés pour des jeunes, de centrales solaires pour l’électrification, de projets d’agrobiologie, de développement des ressources renouvelables locales, de centres de formation et de santé ... avec de telles sommes ?
(1) Source :Bilmes, Linda and Joseph Stiglitz. "The $10 Trillion Hangover : Paying the Price for Eight Years of Bush." (une gueule de bois de 10 000 milliards de $, le prix pour 8 années de Bush) . Harper’s, janvier 2009.
Linda Bilmes est membre de la "Harvard Kennedy School", professeure à Harvard.

Pour répondre à la consommation moyenne d’un Français, 3 planètes Terre n’y suffiraient pas (il en faudrait 6 pour les Américains).
Comment pourront nous diviser nos consommations par trois ?
Combien de Terres nous faudrait-il ?

D’après le think tank (groupe de réflexion) californien Global Footprint Network, nous avons, au 27 septembre, déjà consommé la totalité de ce que la planète est capable de produire en un an.
La Terre vit à crédit depuis le 27 septembre. D’après le think tank (groupe de réflexion) californien Global Footprint Network, nous avons, à cette date, déjà consommé la totalité de ce que la planète est capable de produire en un an. Pour boucler l’année 2011 et faire face aux besoins, nul autre choix que compromettre le renouvellement des ressources naturelles : couper plus d’arbres qu’on en replante, rejeter plus de CO2 que la Terre peut en absorber, pêcher plus de poissons sans leur laisser le temps de se reproduire. Cela fait trente ans que la planète vit au-dessus de ses moyens, mais elle est à découvert un peu plus tôt chaque année. En 2000, le seuil n’était franchi qu’au début du mois de novembre. « C’est comme avoir dépensé son salaire annuel trois mois avant la fin de l’année et grignoter ses économies année après année », explique, dans un communiqué, Mathis Wackernagel, le président de Global Footprint Network. Mais tous les habitants ne sont pas égaux, certains consomment plus que d’autres. Ainsi, l’an dernier, le rapport « Planète vivante » de l’ONG écologiste WWF, indiquait que si « chaque habitant de la planète vivait comme un citoyen moyen des Etats-Unis ou des Emirats arabes unis, il faudrait une biocapacité équivalente à plus de 4,5 planètes pour répondre à la consommation de l’humanité ». Aujourd’hui, il faudrait entre 1,2 et 1,5 Terre pour répondre aux besoins des Terriens, qui seront bientôt 7 milliards.
M le magazine du Monde 07/10/2011

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/m-styles/article/2011/10/07/combien-de-terres-nous-faudrait-il_1583294_4497319.html#lAir4C2PiSxSk3cm.99

Le climat, le nerf de la paix

Le cas de la Syrie est éloquent : 1 million de déplacés internes liés à une sécheresse historique entre 2006 et 2010 ont contribué à la dislocation du pays. Un million de déplacés dans un pays de 20 millions d’habitants comme la Syrie reviendrait à 3 millions de personnes fuyant en France des régions frappées par quatre ans de sécheresse. Imagine-t-on que cela n’aurait pas d’impact sur la stabilité politique du pays ?

Le ministre de la Défense du Niger, Mahamadou Karidjo, était il y a quelques semaines à Paris pour une journée de travail – enfin – organisée par le ministère français de la Défense sur le thème « climat et sécurité ». Il rappelait que le lac Tchad, qui faisait vivre 30 millions de personnes, a perdu 80 % de sa superficie depuis 1980 et que cela engendre pauvreté, instabilité sociale, fragilisation du pouvoir parental vis à vis de jeunes qui n’ont plus aucun avenir dans cette région frontalière du Nigéria, du Niger, du Cameroun et du Tchad. Cette même région où l’influence de Boko Haram grandit et où se multiplient ses exactions.

Les mouvements terroristes comme certaines filiales d’al-Qaida, en Syrie notamment, sont en partie financés par des dons en provenance des pays du Golfe comme le Koweït, le Qatar ou l’Arabie Saoudite. Ces dons ne sont pas de financements directs d’Etats (même si certains des alliés d’al-Qaida en bénéficient). Ils transitent par des fondations privées initiées ou situées dans le Golfe et dont les autorités n’ignorent rien… sans pour autant agir.

Directement ou indirectement les revenus du pétrole sont donc à la base de la puissance économique des groupes terroristes qui ont frappés la France.
Or, ces financeurs des groupes terroristes tirent leur fortune de l’or noir… que nous consommons. L’EI, de son côté, qui aujourd’hui est autonome sur le plan financier, vend directement du pétrole exploité sur les territoires qu’il contrôle en Syrie et en Irak. Ce pétrole est exporté vers les zones contrôlées par Bachar El Assad en Syrie et vers la Turquie.
Sortir de notre dépendance aux énergies fossiles, qui est bien l’un des enjeux d’une Cop21 réussie, c’est aussi réduire l’argent que nous laissons chaque jour aux monarchies du Golfe et, indirectement, aux groupes terroristes.
Pascal Canfin - Alternatives Économiques - 16/11/2015


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